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A quoi rit us (et coutumes) ?

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Trop de fois portés aux extrêmes, il m’a fallut me déchirer de la femme soleil, sinusoïdale aux harmoniques artificielles plus suggérées que jouées quand le clair obscur vous aveugle et que magnifiant les contrastes, vous parcourez votre semblant de vie en demi teinte. Quelques soient les cyan que vous aviez essayé d’y planter, il n’en ressortait que des magenta monochromes, délavés et goudronnés parmi les fleurs de bitumes, malfaisantes par leurs corolles aguichantes et suaves par leurs étamines dressées. Alors, pour l’hygiène de la raison ou pour l’aliénation de la continuité, je me suis déchiré de la femme soleil, rendu à l’évidence mis le bandeau ôté de l’exécution …

Je n’ai donc pas fait de liste, je me suis contenté de sourire à l’amertume, elle et moi nous étions compris, un après midi ensoleillé elle m’a ramené sur terre, un bref instant, trop bref que pour quitter les étoiles, mais néanmoins pas assez succinct que pour faire comme si rien n’avait été. La fleur de bitume s’était parée de capiteux, écoeurant les vibrations des alentours, enivrant les promesses qui ne seraient jamais tenues et distrayant la monotonie d’un phare lointain, semblant de guide quand vous ne touchez plus le sol. La femme soleil brillait de mille feux, jusqu’à ce que l’éclipse vienne obscurcir son aura, un bref instant, trop bref que pour s’en apitoyer, mais néanmoins pas assez succinct que pour faire comme si rien n’avait été. Il est touchant de voir le soleil pleurer, tout comme il est touchant de se rendre compte que ses larmes arrosent une autre fleur et vous, flottant parmi les fugitives éthérées, il ne vous reste que la mer pour avancer.

Je me suis paré de ces voilures transparentes, celles qui colorent le vent des émotions pourpres et violacées, celles qui attendent le moindre souffle que pour se gonfler d’estime quand l’écume crépite autour de vos poignets libérés, désormais. J’avais vernis ma peau pour mieux fendre l’océan des pourquoi et des regards tristes qui ne font que vous rappeler ce qu’ils appellent déchéance, alors qu’ils auraient très bien pu vous nommer renouveau, mais les humanisants sont ainsi faits, ils préfèrent s’ancrer aux balises de ce qu’ils n’ont jamais vécu plutôt que d’affronter les marées de ce qu’ils vivront un jour ! J’avais juste posé quelques gouttes de fragrances cuivrées pour l’appel au large, quitte à s’abîmer en mer autant le faire avec distinction et charisme. Et puis j’avais gardé cette particularité, bien à moi, rien qu’à moi, celle de fuir les états doux-amers, parce que l’amertume ne tue plus et la douceur ne fait que prolonger l’envie …

Il était dit que je voguerais, dans un océan d’huile ou bien dans un fleuve ruisselant de rides, empoussiérés par quelques escales sans fards, l’aridité porté au front comme la sécheresse de ces visages qui ne vous regardent pas. Pour une fois, je vais juste me laisser porter, sans calculs, sans l’exponentielle des sentiments, sans l’algorithme confiné du hasard. Juste me laisser balancer au gré de la houle, voguer toutes lumières éteintes, tourbillonner quelquefois quand mon coeur se remettra à battre la chamade ou m’envoiler au loin si je m’évade vers d’autres incontinents …

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