Inscription Aller à: [ recherche ] [ menus ] [ contenu ] [ montrer/cacher plus de contenu ]



Cristalyde.

ils ont dû m'enchaîner comme on lie un arbre à un chien

Du cocon …

Stupeur ! Lorsqu’enfermé dans les méandres filandreux et cotonneux d’un espace aux fenêtres trop grandes, le coeur ralentit et la respiration se tarit. Le soleil part à la dérive, laissant à la fraîcheur la lourde responsabilité de vous transporter parmi l’aliénation du bien être. Il a fallu que je me déshabille, pour que je puisse devenir caresse de l’air, il a fallu que je m’allonge, pour que je puisse devenir léger et malgré tout, ils ont dû m’enchaîner comme on lie un arbre à un chien, pour ne pas que je m’envole, avaient ils trop peur de la liberté ?

Ils sont repartis au bal trop blanc des stéthoscopes, ils ont refermés ce qu’ils restait de fenêtres et chauffé le filament argentique, enveloppé de gaz et de verre. J’étais là, couché, avec cette métaphore juste au dessus de ma tête : la chaleur qui illumine, qui partage ses parcelles de voyances, mais qui au final reste cantonné dans un réceptacle dur et fragile à la fois. Pourtant, ils m’avaient touché, reniflé, pesé, soupesé, entendu et ré-entendu, vu, incompris, diagnostiqué, parlé, goûté et dégoûté. Je pensais qu’ils en avaient fini avec moi, qu’ils me rangeraient comme ces vieux jouets que l’on à chéri mais qui perdent leurs attraits, une fois que la pré-puberté s’envahit d’hormones et salit la peau.

Qu’importe, ils étaient partis et le silence fit son apparition, ovale dans cette pièce au plafond rectangulaire, délimitée par l’opacité des murs dégoulinant de douleurs. Qu’importe, c’était déjà ça de pris ! Un silence pesant, annonciateur des pourquoi qui n’induisent que d’autres pourquoi, mais un silence quand même ! C’est quand les bouches se taisent que l’on entend battre son coeur, Tic-Tac régulier de ce qui nous reste à vivre ou à rêver, cela dépend des flèches qui nous transpercent. J’ai fermé les yeux, aussi, pour protéger ma rétine de la traîtrise du réel, et puis tout à été très vite, un goût de pluie métallique venait étouffer ma bouche, une odeur de bergamote venait saturer mon odorat et mes membres, qui ne me portaient déjà plus se sont relâchés tel un filet de poussière qui se désagrège dans l’espace et qui devient impalpable, parce qu’il n’existe plus.

Le cocon pouvait se refermer sur moi, me digérer, me phagocyter, j’étais prêt … Je n’avais plus besoin … dire que … être …

… aux cendres.

Stupeur ! Le réveil fut abrupt, mais il a suffit qu’un seul mot pénètre l’espace filandreux et cotonneux pour que les fenêtres s’ouvrent enfin, que le coeur reprenne sa mélopée et que le souffle devienne haletant ! Je me suis d’abord assis sur le rebord de ma conscience, la tête basse pour rassembler mes esprits, mais ensuite, les épaules se sont faites assez forte que pour soutenir mon âme. Le soleil tournait tout autour de moi, révolution elliptique dont j’était l’épicentre, il m’envoyait ses rayons obliques de tendresses, messager intemporel, réchauffant la graine pour qu’elle devienne l’arbre, je me suis levé, étendu mes branches jusqu’à plus soif et maudit le chien qui était mort à travers mes racines. Je me suis dé-chêné, touchant le ciel de ma cime, effleurant les nuages de mes feuilles, majestueux de liberté et pourtant, parfaitement immobile !

Ils ont essayés de revenir avec leurs blouses grises et leurs ailes encore froissées des péchés non dissimulés, leurs stéthoscopes piqués de rouille et pendus vers le néant. Ils ont voulu éteindre la vérité, d’un simple claquement comme lorsque l’on referme la boîte à jouet tant désirée, mais trop de fois ouverte, le contenu y étant trop présent, et le présent trop contenu. Ils ont voulu m’atteindre en essayant d’éclater la bulle de verre, mais je leur faisait trop mal, répandant le gaz qui suffoquait leurs convictions et les anéantissait de lumière, mettant à nu leurs parts d’ombres meurtries par l’illusion des pourquoi. Ils ont voulu m’éteindre mais je les ai jaugés, confrontés, jugés, effrontés, décantés, affrontés, déjoués, simulés, écartelés et dé-calibrés. J’en avait fini avec eux, laissant leurs loques pantelantes et luisantes sécher et absorber le gras de leurs incompréhensions. Ils n’étaient devenus qu’une enveloppe vide, remplies de ces certitudes que l’on appelle vérité, juste parce qu’elle sont reprises en choeur par le plus grand nombre !

Qu’importe, ils étaient partis et la vie venait de faire son apparition, petit à petit, au rythme du Tic-Tac régulier, annonciateur de ces peut être qui induiront sûrement de belles aventures. Qu’importe le voyage, pourvu que l’horizon soit vaste et les sens féconds ! Par ma bouche qui apprendra à embras(s)er l’amertume des lèvres adverses, par mes yeux qui laisseront passer juste ce qu’il faut de lumière et qui sublimeront l’instant tacite du répit chancelant, par le goût et les odeurs qui permettront la découverte des saveurs salées du corps et les effluves opiacées du désir quand la frontière avec le besoin sera si ténue qu’elle en deviendra nécessaire, et puis, la sensation des doigts qui courent le long des perles serrées où l’important ne sera que le ressenti et le vécu des sillons qu’ils effleureront et qui trembleront par à coup. Tout cela sera, oubliant que les siècles d’esclavagismes ont étés ceux que je voulais apprivoiser.

Les cendres pouvaient me consumer, me réduire, m’enflammer, j’étais prêt … je n’avais plus besoin … de prédire que … j’allais être …

Pas de Commentaires à “Cristalyde.”

  ( Fil RSS pour ces commentaires)

Laisser un commentaire


clcailleau |
AHLALAY |
manonjouanni |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | TIGRESSE BLEUE
| apprendre le français
| poésie émoi